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ArcelorMittal va investir 35 millions d'euros à Gandrange
ArcelorMittal va investir 35 millions d'euros sur le site de Gandrange, ce qui devrait créer "124 emplois industriels nouveaux", a annoncé lundi l'Elysée, à l'issue d'un entretien de Nicolas Sarkozy avec les représentants des salariés du site mosellan.
Les organisations syndicales ont déploré que le chef de l'Etat n'ait pas "respecté (les) engagements" pris en février et qu'il ait "validé" la fermeture partielle du site de Gandrange, annoncée officiellement par le groupe vendredi dernier, entraînant la suppression de 575 des 1.108 emplois.
Nicolas Sarkozy "nous dit tranquillement que l'Etat, en ce qui concerne la politique industrielle, ne peut rien faire sur une décision d'un industriel", a accusé Jacky Duhaut, secrétaire régional du comité CGT-Lorraine.
Le chef de l'Etat se rendra sur place, en compagnie de Lakshmi Mittal, "dans les prochaines semaines" selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Le groupe ArcelorMittal implantera notamment à Gandrange un centre de formation technique, pour 5 millions d'euros. Il permettra de "former 120 personnes par an dans le domaine de la métallurgie", a précisé M. Chatel.
Par ailleurs, en collaboration avec ArcelorMittal, "l'entreprise Poweo étudie la possibilité d'investir dans une ou deux centrales électriques" à Gandrange et Florange pour "250 à 270 millions d'euros". Si le projet se concrétise, "plus de 600 personnes" trouveraient un emploi lors de la construction et ensuite "une quarantaine d'emplois par centrale", a évalué le porte-parole du gouvernement.
ArcelorMittal s'est par ailleurs "engagé" selon l'Elysée à "étudier" avec l'Etat et les collectivités locales "la création d'un fonds conjoint" de 20 millions d'euros: le groupe l'abonderait à hauteur de 10 millions pour financer des "projets de recherche-développement" et "des sociétés innovantes du secteur de la métallurgie", les collectivités locales apportant une somme équivalente. Luc Chatel recevra mardi les élus concernés.
Selon le porte-parole du gouvernement, ArcelorMittal a promis de "pérenniser au-delà de 2012 le site de Florange", situé à 7km de Gandrange. "Il y aura des investissements lourds de réhabilitation, de rénovation des hauts fourneaux qui seront réalisés", a-t-il assuré.
Selon le communiqué de l'Elysée, Lakshmi Mittal s'engage, certes, à "pérenniser au-delà de 2012 l'activité du site de Florange", mais à la condition que "la réglementation européenne sur le CO2 n'affecte pas excessivement sa compétitivité". De même, il promet en effet d'y implanter un projet pilote de captation et de stockage souterrain du CO2, mais "si la géologie le permet".
"Aucun personnel ne sera laissé sur le carreau. Il n'y aura pas de licenciement", a assuré Luc Chatel, pour qui les engagements pris par Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Gandrange en février ont été tenus. "Le président de la République a tenu parole quant aux emplois" et "il a obtenu de la part de la direction d'ArcelorMittal des investissements importants sur notre territoire".
Les représentants syndicaux, eux, se montraient moins enthousiastes lundi. "M. Mittal nous a dit en 2006 qu'il ne fermerait pas l'usine. Or il ferme l'usine. M. le président de la République nous a dit qu'il allait, avec ou sans Mittal, investir dans Gandrange et maintenir l'activité, et on se rend compte qu'il n'a pas pu respecter cet engagement", a lâché Edouard Martin, délégué syndical européen CFDT du groupe ArcelorMittal.
"Il n'a pas pu obliger M. Mittal à ne pas fermer", a-t-il accusé. "La fermeture est validée et acceptée par le président de la République".
Sur les nouveaux investissements, "il y a des choses intéressantes, mais on les veut actées, gravées dans le marbre, parce que ça suffit les promesses non tenues", a-t-il lancé. "On veut un accord avec un engagement de l'Etat". Et "la réponse qu'il nous a faite c'est: 'je viendrai avec M. Mittal sur Gandrange pour graver dans le marbre ce que je viens de vous dire'", a-t-il expliqué.
"On verra si les engagements seront respectés", a également déclaré Jacky Mascelli, représentant CGT à Gandrange. "Le président de la République dit qu'il les fera respecter. Nous, à la CGT, on en doute". Il s'est félicité des investissements annoncés à Florange sur la captation du CO2, "mais le site de Gandrange n'est pas pérennisé et nous, c'est ce qu'on aurait aimé entendre de la bouche du président de la République".
"Je reviendrai pour annoncer (une) solution", car "avec ou sans Mittal, l'Etat investira à Gandrange", avait affirmé Nicolas Sarkozy le 4 février dernier à Gandrange. AP
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